et voilà ça devait arriver, j'ai besoins d'exprimer avec des mots plus qu'avec des couleurs. Je pourrais certes mais ce n'est pas ce que je désire vraiment.

En fait j'ai rencontré quelqu'un pour qui les mots sont tout , et cette personne quoiqu'elle en dise et fasse m'a touchée au plus profond mon être.

alors attention , c'était pas genre "nos regards se sont croisés blablabla, amour blabla etc", mais quelque chose de plus progressif et de bien moins évident pour moi à cerner.

Ca a commencé par un mensonge que je me suis fais à moi même "oui il veut qu'on soit amis et moi aussi, pas d'attirance physique mais y'a pas que ça dans la vie, le temps fera son office et on partagera de belles choses ensemble, ça, c'est sur...."

Et ça a continué sur un mensonge " merde je crois que je l'aime, mais c'est ça de l'amour? pourquoi j'ai pas envie de lui si je l'aime tant que ça ? c'est pas masculin....mais pourtant, je sens bien un truc chaud en moi, là, au niveau du sternum....bordel c'est de l'amour ça ? je vois que ça, ça ne peut que être ça "

Les larmes de joie accompagnant chacune de ces pensées je me suis senti libéré d'un fardeau extrêmement lourd. Je me croyais "Fall in love" et me vivais pour la première fois comme tel. C'était chaud, chaud dedans, au seul endroit où j'avais toujours eus froid.

Puis le temps passe et j'interprète sa franche amitié comme un amour naissant, je ne vois qu'à travers mes yeux. Je le vois comme je le désire et pas comme il nous vit. Mais l'ambiguïté est là et se voit, nos proches doutent de cette "amitié" et parlent de plus. certains s'inquiètent et d'autres félicitent. Tel Alice au pays de mes merveilles , je danse bras ballants, drogué d'illusions et de chimères comme jamais je ne l'avais été. Je vis le vrai bonheur de croire et d'espérer, celui que j'avais définitivement abandonné.

Mais des signes sont là, comme des mines explosant à chaque pas, des baisers langoureux à de parfait inconnus, des espoirs auquel je ne corresponds en rien, un idéal que je ne suis pas, un environnement auquel je n'appartiens pas....je ne veux pas voir mais c'est là, juste posé en face de moi.Ni brutal ni cruel, bêtement réel.Et ça , je ne peux pas éternellement ne pas le voir...

Ainsi, au fond de mon esprit le doute reprend ses droits et s'enracine, finissant de croître en un désespoir familier. je ne trouve plus les mots pour le lui demander, j'esquive la réalité. et quel plus bel objet pour cela qu'un portable posé en face de soi. au lieu de trouver la force de faire ça bien, je textote. "tu m'aime Pierre ?".....

Une attente sourde dans un bar à côté de chez lui, la peur mêlée à la résignation. ça doit être fait. sinon je vais vivre au pays des songes et ne plus jamais me relever.

Je rentre chez moi

Ca sonne. je décroche : " oui pierre, ça va ? " " oui bien jérôme pas de soucis. j'ai bien eus ton message et je suis gêné , je croyais que c'était clair entre nous , je ne suis pas celui qui te dira je t'aime (franc et sans hésitation, pas un tressautement, rien que de la franchise brute)"

....

Au fond de moi pendant un quart de millième de seconde , tout un monde s'écroule, tout un monde....je le voulais , il fallait que ça meurt, mais mon dieu, quelle douleur....putain mais quelle douleur !!!

....

"très bien pas de soucis Pierre je comprends, mais du coup moi je vais avoir besoins qu'on se voient moins" " plus du-tout ?" (oui ne plus te revoir, mais nan, ça me tuerais pour de bon, pas maintenant et je ne peux pas juste me passer de toi comme ça) " non , juste pour un temps que je puisse récupérer. tout ça est trop ambigu pour moi pierre" " je suis désolé de t'avoir laissé pensé ça, je voulais pas te faire du mal ( si tu savais à quel point c'est l'inverse )" " t'inquiète c'est passagé ( je reprend mon ton plus gentil et jovial que les gens aiment tant ), c'est pas un adieu mais juste un break et tout va bien ( je veux pas que tu flippes par ma faute, ta vie est si chaotique en ce moment que je ne veux pas en rajouter une couche....badde pas pour moi j'en vaut franchement pas la peine ), je te tiens au courant quand même , on reste en contact d'accord ?" " oui bien sur pas de soucis ( ou un truc du genre )" " allez à plus pierre ( furieuse envie de dire je t'aime au seul mec que j'ai jamais vraiment aimé )"

Je raccroche

Je tremble de partout comme jamais, un truc veut partir de moi, je sanglote et j'ai du mal à respirer, il l'a dit : " te dirais pas je t'aime ". tout mon être en craque, et je pleure, pleure et repleure. Je peux plus rien faire, j'ai aimé et lui nan. toujours pareil, j'ai envie et l'autre pas. toujours à côté de mes pompes, en décalage perpétuel avec le monde. là bizarrement j'ai pas envie de mourir mais plus de hurler. c'est trop dégueulasse, on avait pas le droit de me faire ça...je suppose donc que quelqu'un est responsable. mais y'a que moi et pierre dans tout ça.du coup au fur et à mesure je ne pense plus et ne fais que laisser couler toute mon âme sur l'oreiller. ça va passer, ça passe toujours, aussi dur soit la douleur, aussi trash soit la blessure. je saigne et cicatrise, pour me relevé, c'est la première chose que mon corps est vécu, un trou dans sa chair et une douleur qu'on m'a dit abominable. mais malgré ça et deux mois d'avance sur le planning, bébé jérôme a survécu , s'est battu et à vaincu.

Maintenant je cherche un mec de façon presque industrielle ( j'en suis à trois pour cette seule semaine,moi qui disais pas être doué pour ça....), comme pierre ne peut pas m'aimer ( merde ça me fait pleurer cette phrase!) il faut que je l'oublie, que j'oublie, par tous les moyens. je dois trouver quelqu'un, sinon je vais être très mal, je dois survivre.je dois survivre !!!

Peindre ne suffit plus, peindre n'a plus le pouvoir de m'aider. je dois trouver l'homme qui pourra me soutenir, je dois plus que jamais trouver l'homme qui m'aidera à sauver le peu d'amour qui me reste. et c'est vers cet inconnu que je me tourne de toutes mes forces, pour me libérer de l'attraction destructive de pierre. pas qu'il me phagocyte, mais son attraction est si forte que je m'y effrite. fuir le déserteur...paradoxale non ?

vous savez c'est con, mais c'est parce que je l'aime de toute mon âme que je dois le fuir, pour ne pas le blesser, pour pouvoir revenir vers lui sans pleurer. pour que tout ça ait du sens. putain l'amour les enfants, ça craint....